Sept ans de terrain — et ce que ça m’a appris
J’ai été formateur pendant sept ans dans des organismes comme le GRETA, la CMA, le CNAM. Des centaines d’heures de formation, des publics très variés : demandeurs d’emploi en reconversion, salariés en montée de compétences, artisans, agents de collectivité.
Cette expérience m’a appris une chose essentielle : la formation fonctionne quand la personne en face a une raison concrète d’apprendre. Une vraie raison, pas une case à cocher pour valider une prise en charge.
Le modèle institutionnel a ses vertus. Il a aussi ses limites, et elles sont réelles. Des programmes conçus parfois loin du terrain. Des publics parfois envoyés en formation sans avoir demandé à y être. Des référentiels qui évoluent moins vite que les outils. Résultat : des journées entières passées sur des notions que les participants n’utiliseront jamais, pendant que les besoins réels restent sans réponse.
Ma priorité aujourd’hui, c’est un autre modèle : la formation directement en entreprise, ou pour des particuliers qui ont choisi de se former et qui s’y impliquent vraiment. Je pense que cette transparence fait partie du rôle du consultant informatique !
La méthode en trois temps
Quand j’interviens en entreprise pour une formation, je ne débarque pas avec un programme tout fait sous le bras, même si j’ai déjà une base solide. Je commence par observer.
Observer d’abord. Une matinée, parfois une journée complète, à regarder comment l’équipe travaille. Quels outils sont utilisés, comment, par qui. Quels sont les points de friction, les tâches répétitives qui usent, les informations qui se perdent, les processus qui reposent sur une seule personne. Cette phase n’est pas du temps perdu : c’est ce qui va rendre la formation utile.
Former ensuite. Sur les fondamentaux de l’outil choisi, adaptés à ce qui a été observé. Pas un tour d’horizon complet de toutes les fonctionnalités : ce qui sert, dans ce contexte précis, à ces personnes précises.
Construire ensemble. À la fin du parcours, on ne repart pas avec un certificat de présence. On repart avec quelque chose de réel et d’opérationnel : un flux automatisé, un espace Notion organisé, un tableau de bord, une procédure documentée. Quelque chose qui tourne dans l’entreprise dès le lendemain.
Le cas d’Aline

Voici un exemple concret qui résume mieux que n’importe quel argumentaire ce que cette approche change.
Un chef d’entreprise demande à Aline, sa secrétaire, de classer les relevés bancaires ou autres documents, reçus par mail dans un drive, d’organiser ce drive de façon logique, et de le prévenir quand un document important arrive. Aline fait ça bien. Le patron est content.
Puis arrive une crise. Le covid. Une grossesse. Un départ inattendu. Un accident. Aline n’est plus là. Le patron n’a pas les codes d’accès au dossier partagé. Il ne sait pas comment c’est organisé. Il ne sait pas où trouver le relevé du mois dernier. Ce qui fonctionnait parfaitement reposait en réalité sur une seule personne — et cette personne n’est plus là.
Avec trois jours d’intervention : une matinée d’observation des flux réels de l’entreprise, deux jours de formation aux fondamentaux de n8n ou Make, et une troisième journée pour construire ensemble l’automatisation. À la fin, le système surveille la boîte mail, dépose les pièces jointes dans le bon dossier du drive, et envoie une notification au patron via l’outil de son choix quand un document important arrive. Sans Aline. Sans intervention manuelle.
Et Aline dans ce scénario ? Elle n’est plus secrétaire au sens ancien du terme. Elle sait construire ses propres outils. Elle optimise des tâches répétitives seule. Elle ajoute une compétence réelle sur son CV. Ce n’est pas une métaphore : c’est ce qui se passe concrètement en fin de parcours.
Si cela vous intéresse, voici un article de Mars 2024, déjà sur l’automatisation en entreprise
Les thématiques couvertes
Les formations que je propose en entreprise ou pour des particuliers tournent autour de quelques axes principaux.
IA au quotidien. ChatGPT, Claude, Perplexity — pas comme des gadgets à explorer, mais comme des outils de travail. Rédiger plus vite, synthétiser des documents, préparer des réunions, automatiser des tâches de traitement de l’information. Pour des publics non techniques, avec des cas d’usage directement issus de leur métier.
Notion. Organisation de l’information en entreprise, bases de données simples, suivi de projets, documentation interne. Un outil puissant quand il est bien configuré, et inutilisable quand il ne l’est pas. La formation part de l’usage réel, pas du tutoriel générique.
Automatisation : n8n et Make. Connecter des outils entre eux, automatiser des tâches répétitives, construire des flux de travail sans coder. Le cas d’Aline en est l’illustration directe. Ces outils évoluent vite : les agents IA commencent à rendre ces automatisations encore plus accessibles. Autant comprendre la logique maintenant. (Si vous voulez connaître les automation, voici un article rédigé par Nicolas Leroy sur MAKE)
Marketing digital et présence en ligne. Réseaux sociaux utiles à son activité (pas tous les réseaux pour tout le monde), Google Business Profile, bases du contenu web. Avec une vraie question de fond : qu’est-ce qui a du sens pour cette entreprise, dans ce secteur, sur ce territoire ?
Gains de productivité pour les services tertiaires. Secrétariat, comptabilité, RH, commerce : ces métiers comportent une proportion importante de tâches répétitives qui peuvent être automatisées ou fortement allégées. C’est souvent là que le retour sur investissement d’une formation est le plus rapide et le plus visible.
Une piste en cours de réflexion : les formations en ligne
Une idée qui circule depuis un moment au sein du collectif Solidevs : proposer des modules de formation courts, en ligne, sur des sujets précis.
Le format envisagé : des modules de 20 à 30 minutes sur un outil ou une compétence spécifique, complétés par des sessions en visio individuelle de 15 minutes sur réservation, pour poser ses questions, débloquer un point précis, adapter ce qu’on vient d’apprendre à sa situation réelle.
Ce n’est pas encore une offre disponible. C’est une réflexion en cours, et si le format t’intéresse, tu peux en parler directement via le formulaire de contact.
Ce que cette formation n’est pas
Pas de certifiant, pas de livret de compétences à tamponner, pas de QCM final. Ce n’est pas l’objectif, même s’il est nécessaire de faire une évaluation pour que la personne formée soit consciente de ses progrès.
Pas ou presque pas de programme standard envoyé par mail avant la session. La formation part de ce qu’on observe ensemble.
Pas de participants envoyés là pour valider une prise en charge. Si une personne n’a pas de raison concrète de se former, la formation ne servira à rien — et je préfère le dire avant de commencer.
Un engagement des deux côtés : je m’adapte à la réalité de l’entreprise, l’entreprise s’implique dans le processus. C’est la condition pour que ça serve à quelque chose.
Si les formations vous intéresse sérieusement, n’hésitez pas à me contacter.







